L'usine de l'an 2000:


Poème de fiction, composé dans les années
1980, les changements (heureusement!) ont
été pas mal moindres puisque malgré les coupures
et la "robotisation" il reste encore des employés(es)
dont je suis!



Midi trente.
Je me lève tôt, ce matin!
Il est vrai que je suis habituée à des congés
quasi sans fin,
Deux heures de travail par année
bien au chaud, chez moi!
Mais déjeunons sans nous hâter:
un comprimé multi vitamines
et une capsule de café.

Puis, sur la console, devant moi,
des lumières s'allument,
des images tournoient,
je me sens comme une astronaute
sur la lune.


Je remplace un compagnon inconnu.
Son nom? Je ne l'ai jamais su.
Un super écran de 3 mètres prend vie,
Dans mon fauteuil vibro-masseur je m'appuie.


Je regarde presque distraitement
une production qui se déroule parfaitement.
De silencieux et gracieux robots vont et viennent,
aussi intéressants que de vieilles rengaines.

Impossible! Soudain je détecte un bris:
toute l'usine semble prise de folie;
les produits s'amoncèlent un peu partout,
les ouvriers mécaniques s'entre-choquent
faisant de leurs "bras" des grands remous!

La plus grande confusion règne souverainement!
Je fouille ma mémoire ; à quand remonte
le dernier incident?
Cinq ou six ans?
Décidément,
Je vais de surprises en surprises!
D'un recoin sombre appelé autrefois
"bureaux",
sortent deux hommes poussiéreux
et lourdauds,
recouverts de toiles d'araignées
et je ne sais quelles autres saletés.
Je crois reconnaître des contremaîtres
et j'en tombe des nues!
Je pensais la "race" disparue?


J'augmente le bouton "sons de l'usine",
et leurs cris envahissent jusqu'à
ma cuisine!
Je me sens revenue au temps de ma
jeunesse,
en les entendant hurler plus de "mots sacrés"
que pendant une messe!
Tout en montrant un poing effrayant
aux pauvres robots
qui, évidemment ,
n'y comprennent pas mot...



Je m'en amuse un peu (beaucoup)
avant d'appuyer sur un bouton rouge feu
qui fera arriver sur les lieux
les robots techniciens réparateurs,
qui remédieront à tous ces malheurs.
Quant aux contremaîtres, eux,
quelques robots balayeurs
les ont sortis des lieux.

 



Tiens! Mon micro-ordinateur personnel
m'apporte mon courrier et fraîches nouvelles:
parmi un avis de licenciement,
qui me prévient très courtoisement,
que la compagnie
ayant assez produit
pour répondre aux commandes estimées
des dix prochaines années,
je me retrouverai donc chômeuse!
Mais je m'en estime chanceuse,
je rejoins ainsi les rangs
des 80% de chômeurs existants.
Le Gouvernement, en surtaxant les
Compagnies,
nous offre plein salaire à vie.


De plus, tout ce beau temps de loisirs,
nous laisse soins et chaleur humaine à offrir
à nos enfants et à nos vieillards
avant qu'il ne soit trop tard...


(hum...belle conclusion, dommage que le Gouvernement
n'agisse pas ainsi : société égale , société heureuse,
sans pauvres et sans riches! Mais c'est de la fiction,
hélas...)

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