Les grévistes:



Essayons de voir , dans les conditions

les plus tristes,

les petits faits qui nous rendent humoristes!

Petits accidents que, plus tard, nous

nous rappèlerons,

lorsque nos "vieux jours" surviendront!


"L'étobus"* avec son poêle à bois

qui nous surchauffe,

parmi fumées de cigarettes et

café qui réchauffe;

conversations animées,

espoirs déçus ou optimisme enraciné...



Petit Jean-Pierre, à son meilleur,

anime un peu nos langueurs

par la musique de son radio bien enveloppé

d'un beau plastique contre l'humidité.




Quelques feux imprévus en ont fait sursauter

plusieurs:

manteaux tombés sur le rond de gaz

d'un radiateur,

belle flambée inusitée,

qui donne des manches bien calcinées!


Un autre tout étendu sur un banc,

les pieds près de l'attisée, se détend.

Soudain, la fumée s'élève de ses bottes .

il se lève sans tarder!

Voilà de quoi le tenir chaud

toute la journée!


Nous semblons parfois vivre un roman d'espionnage,

surveillés de partout par de louches personnages,

qui filment, notent, épient tous nos

mouvements,

comme si nous étions criminels ambulants.


Bien des caméras se profilent aux étages,

de cette bâtisse où l'été, nous sortions en nage;

y donnant nos jours, nos mois, nos années,

notre jeunesse, énergie et parfois santé.



C'est comme si notre seconde "maison"

devenait tout à coup hostile,

comme une révolution dans une paisible

ville,

où nous ne sommes, après tout ,

que passants,

même si vous contribuez

à ses fondements.



Enfin l'avenir nous apprendra

si , un jour, seront réparés les dégâts

d'investisseurs étrangers

qui ne voient que la piastre à gagner?

En attendant, le personnel des bureaux

a pris à charge nos humbles travaux(!)

Plusieurs, bien malgré eux,

mais d'autres nous sont haineux...



Des autobus les voyagent à bon port,

pour nous empêcher de leur faire

le moindre tort.

Il y a parfois bombardements

de boules de neige,

ou d'oeufs pourris qui alors atteignent

les vitres bien fermées

de gens souvent apeurés

par les dictateurs de leur destinée.



Si la tension monte trop,

ce n'est hélas pas toujours beau!

Car la violence ne règle rien

mais elle fermente en chaque humain.



Si faire grève entraîne un manque de liberté,

à cause de l'argent qui va manquer,

travailler sous de très mauvaises conditions

ressemble parfois à travailler en prison.



Le plus beau des souvenirs de ce piquet de grève

sera l'entraide et le partage;

une plus grande connaissance

et des amitiés plus franches

qui nous ont fait presque tous nous réunir

devant les obstacles à parcourir...



* veut dire "autobus" mais évidemment prononcé

à la façon de notre "gang"!


Ci-dessus : mars 1989 grève.
de gauche à droite:

Nicole Sénécal,

Micheline Deprés,

Georgette Pinet.

 






 

A noter que les textes des pancartes ne reflètent

pas les opinions actuelles, ils doivent être replacés dans

leur contexte. Merci!




Poème de:Nicole Sénécal


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